La route romaine de Tarentaise



Les principales Voies Romaines qui traversaient les Alpes vers la Gaule étaient:

La voie côtière (Via Aurelia)

Par le col du Montgenèvre (Voie Cottienne)

Par le col du Petit Saint-Bernard (In Alpe Graia)

Par le Col du Grand Saint-Bernard (I summo Poenino) 

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La C'est la route du Petit Saint-Bernard qui concerne principalement la Tarentaise


La fréquentation des cols alpins par les hommes et leurs diverses marchandises remonte à une époque très ancienne (néolithique moyen ou récent 3000 à 2500 avant J.C.). A l'age de bronze (1800 à 800 avant J.C.) il existait déjà d'importants courants commerciaux.

Quelques envahisseurs de l'Italie ont franchi les Alpes avant la période gallo-romaine, les Gaulois de Bellovese vers 309 avant J.C., les Carthaginois avec Hannibal en 218 avant J.C. puis Hasdrubal vers 207, les Cimbres en 101avant J.C.

Le début de la construction de cette route remonte probablement à la période de Jules César vers 45 avant J.C son achèvement se situe vers l'an 2 ou 3 après J.C.  Agrippa gendre et conseillé préféré de l'empereur Auguste a joué un rôle important dans sa réalisation.

C'était la grande voie qui reliait Milan à Vienne, en vallée du Rhône.

Vers l'an 18 après J.C. le géographe grec Strabon indique qu'elle était praticable aux chars sur la plus grande partie de son parcours.

Sa structure adaptée au terrain de la montagne est le plus souvent faite de terre battue égalisant le sol sur une largeur de 3 à 5 mètres.

On peut suivre assez facilement son trajet  sur le versant italien, depuis la Thuile d'Aoste (Ariolicum) elle porte le nom de Mulaterria.

Le passage du Col du Petit Saint-Bernard (In Alpe-Graia) se fait à travers un plateau de environ 2,5 km de long. La voie romaine est bien marquée au niveau de la frontière à proximité du "cromlech" et de la Colonne Joux (Columna Jovis) cette dernière pourrait être une ancienne colonne milliaire ou bien le reste d'un monument?

A ce niveau se trouve le long de la voie les restes d'un gîte d'étape (mansio est) ainsi que, en face de la colonne Joux un autre bâtiment (mansio ouest), peut-être une autre auberge ou un petit lieu de culte Fanum? Après avoir contourné une zone marécageuse le parcours se poursuit sur la rive droite du torrent le Reclus en direction de Séez situé plus bas dans la vallée.

Le tracés reste bien visible entre le col et le hameau de Saint-Germain car jusqu'à la fin du XIXe siècle c'était la route de franchissement entre la Savoie et la Vallée d'Aoste. Dominant un ravin au nom évocateur de "Creux des morts"au fond duquel coule le Reclus, la route passe près du lieu-dit "la Colonne" où subsistait il y a peu, la base de ce qui pourrait être une colonne brisée. (Ces restes seraient enfouis sous les déblais de construction de la nouvelle route d'alpage). La route prend ensuite à travers un petit plateau la direction du hameau des Chavonnes avant de parvenir après un lacet à celui de Saint-Germain sur Séez.
 

Au printemps la neige rend plus visible la Voie Romaine

"Quand à celle venant de Gaule (la route des Alpes), ses pentes sont très accusées et effrayantes à regarder à cause des rochers qui la surplombent de chaque coté. Et particulièrement au printemps au moment de la fonte des neiges, entre les ravins aux flancs escarpés et les fissures dissimulées par l'accumulation de la glace, hommes et bêtes, descendants d'un pas hésitant, se mettent à glisser ainsi que les attelages... les hommes et les bœufs s'efforcent de les retenir par derrière avec de grosses cordes... En hiver... des pieux ont été alignés le long du bord pour les guider"      Ammien Marcellin, historien grec d'Antioche (IVe siècle)

La Voie Romaine entre le Col du Petit Saint-Bernard et St-Germain. (tracé inférieur)

Les crues et les inondations ont effacé les traces de la voie un peu en aval de Saint-Germain. Une tradition locale rapporte que soit sous l'occupation romaine selon certaines sources, soit au XIIIe siècle selon d'autres, la rupture de la parois d'un petit lac dont la surface faisait 15 à 20 hectares aurait permis à 300.000 m3 d'eau  d'emporter terre, rochers et arbres jusqu'à l'Isère environ 1.000 m plus bas, là où se trouve le village de Séez qui fut enseveli sous 10 à 20 mètres. (Catastrophe de la Sivolière)

Dans la première hypothèse, on peut penser que la voie celtique pré-romaine ainsi que la première voie romaine passait sur la rive droite du Reclus entre le torrent et la montagne. Après cette catastrophe le Reclus ayant été déplacé de 500 mètres environ contre la parois de la montagne, la nouvelle voie passait sur la rive gauche après franchissement du Reclus sur un nouveau pont construit par les ingénieurs romains.

Un carrefour devait se situer au lieu-dit Trèves (Tres viae, trois voies) sur la commune de Séez C'était le point de départ d'une voie vers la haute Isère et le Mont Cenis d'une part et l'autre vers les Chapieux et le col du Bonhomme.

Au delà de Séez la route se dirigeait vers Bourg-Saint-Maurice (Bergintrum, qui a donné son nom au lieu-dit la Bourgeat). C'était un relais important précédant l'étape de Aime, la route passait au voisinage de la tour de Rochefort où  se situait probablement un poste militaire.

Dans ce secteur la chaussée a fait l'objet de nombreux travaux d'entretien en raison des nombreuses crues des torrents avoisinants. Une intéressante inscription découverte à Bourg-Saint-Maurice et déposée au musée lapidaire de Aime mentionne les réparations effectuées par Lucius Verus associé de Marc-Aurèle (163 après J.C.) (Voir le texte joint à la photo)

Le parcours jusqu'à Aime (Axima) se confond en grande partie avec la route actuelle.

A Aime, ancienne capitale (jusqu'au IIIe siècle) de la province des Alpes Graies, on a retrouvé sa trace en plusieurs endroits. S'y trouvait également le point de départ d'une voie secondaire vers le col du Bonhomme.

La voie continue ensuite vers Centron en traversant Villette (Brigantio). Elle franchit ensuite l'étroit du Siaix presque au niveau de l'Isère. il en reste quelques traces (mur de soutènement et dalles sur 4 à 5 mètres).

Suivant ensuite la rive droite par Pomblière Saint-Marcel la route arrive à Moûtiers (Darentasia qui a donné le nom de Tarentaise) Il ne reste que peu de traces de la chaussée à travers Moûtiers et Aigueblanche. Les travaux effectués par E.L. Borrel vers 1885, révèlent une chaussée formée d'une couche de gravier de 0,35 m. à 0,50 m. d'épaisseur, le plus gros gravier se trouvant à la base (ruderatio) et reposant dans les passages humides sur un lit de pierres.

Le parcours continue sur la rive gauche en direction de Notre-Dame de Briançon ou il repasse sur la rive droite vers Arbinne (Obilona) puis s'éloignant de l'Isère et en longeant le bas de la montagne rejoint les environs d'Albertville  (Ad-Publicanos) où se trouvait un poste de péage. Elle traversait ensuite l'Arly au sommet de la ville actuelle, où l'on en a retrouvé de nombreuses traces. C'est un carrefour important en direction d'Annecy (Boutae) via Faverges-Viuz (Casuaria) pour se diriger ensuite vers le lac Leman et Genève.

La route prend ensuite la direction de Chambéry (Lemencum) en suivant la vallée de l'Isère, passé cette ville elle continuait vers Vienne via les Échelles (Labisco) et Aoste (Augusta).Chambéry était aussi un point de départ vers le nord pour Seyssel (Condate) via Aix-les Bains (Aquae) et aussi vers le sud pour Grenoble (Cularo).

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Voir un extrait de la "Table de Peutinger"
Voir un extrait de "l'Itinéraire d'Antonin"

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Bibliographie

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Carte






Coupe sur le col






La colonne Joux






Plan sur le Col






Voie descendante






La voie romaine à Saint-Germain





Borne à Saint-Germain





Vieux pont en aval de Saint-Germain





Inscription trouvée à Brg-St-Maurice





Coupe de la voie romaine à Aime





La voie romaine à l'étroit du Siaix




La voie romaine près d'Albertville au lieu dit la Maladière




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